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QUELQUES NOTES SUR L'HISTOIRE DE L'ÉGLISE ET DE L'ORGUE DE MIDWOLDE

par Victor Timmer

Introduction.

Bien peu d'églises n'ont pas subi des modifications dues au passage du temps. Souvent, des réparations ou des modifications plus ou moins importantes on laissé des traces ou deviennent apparentes lorsque que peinture blanche ou enduits au plâtre sont enlevés. C'est pourquoi, pour un obervateur attentif, se révèle parfois la passionante histoire de la manière dont les paroissiens ont traité et adapté leur église en fonction de leur conception du service divin. Nous avons à présent une bonne compréhension des intérieurs d'églises anciennes grace au travail (entre autres) de Saenredam et De Witte. Nous connaissons bien les églises des grandes villes car au cours des siècles passé, les photographies et reproductions se limitaient généralement à l'extérieur des églises, sauf à montrer quelques détails particulièrement intéressants de l'intérieur. L'iconographie des églises rurales du nord des Pays-Bas, par contre, est rare et nos connaissances proviennent le plus souvent de documents d'archive ou de recherches faites sur place.

Nous nous baserons donc sur les observations faites lors de la restauration de l'église, actuellement achevée. Nous nous poserons d'abord la question de savoir à quoi ressemblait cette église avant sa restauration des années 1911 - 1913, celle qui a donné son aspect actuel à l'édifice. Puis nous nous intéresserons à l'orgue et à son intéressante histoire. Notre point de départ se fera à partir de quelques vieilles représentations de l'église et de son orgue, qui nous sont parvenues.

L'église de Midwolde avant 1911

L'église de Midwolde était certainement une des plus connues de la région de Groningue, dans les années 1800, surtout à cause de la tombe de Rombout Verhulst. Une note trouvée dans les archives de l'église nous apprend que cette oeuvre d'art était déjà visitée au début du 19è siècle. On y mentionne également le devoir se sonner la cloche, attribué en son temps au "tenancier de l'auberge proche de l'église, également gardien des clefs et qui apprécie d'être récompensé par les quelques visiteurs venant admirer le magnifique tombeau qui se trouve1 à l'intérieur de celle-ci". Ce monument est mentionné dans de nombreuses descriptions géographiques des Pays-Bas vers le milieu du siècle dernier et largement traité2 dans l'une d'elles.
1 Le tombeau de Midwolde
1. Le monument funéraire de Rombout Verhulst vu par J. Ensingh en 1839.
Nous possédons une carte-postale de l'église aux environ de 1900. Une vue extérieure, prise du sud-ouest, montre que la partie supérieure du clocher donnant au sud était fermée. Malheureusement la végétation masque une bonne partie du côté sud de l'église, où se trouve le cimetière. Il subsiste heureusement une bonne photographie de ce côté de l'église. Cette prise de vue a été réalisée lors de la restauration du clocher à l'automne 1911. L'urgence de cette réparation est attestée par une décision des administrateurs de l'église de faire cesser de sonner les cloches "étant donné que le haut du clocher oscille3 nettement lorsqu'on carillonne". Lors de fouilles à proximité de l'église, à la même époque, on a trouvé un 'sarcophage  en pierre, avec son couvercle'. Nous possédons également une photo du côté nord-est de l'église où sont visibles5 les contreforts du côté nord du choeur. Extérieur avant 1911
2. L'extérieur avant 1911 vu du sud-ouest. les ouvertures du clocher en façade sud ont été bouchées.
Une carte postale prise au début du siècle (dernier) montre le monument. Si ce n'est que cette carte donne pour emplacement de la tombe le nom de Midwolda! La confusion avec ce lieu du Oldambt a été faite plus d'une fois car, autrefois, cette ville était également appelée6 Midwolde. Une autre carte intéressante montre une vue de la nef vers le choeur. On y voit une chaire entourée de fonds baptismaux tout simples avec en face un endroit laissé libre pour pouvoir y ajouter des chaises, et sur la gauche une balustrade (sur laquelle se trouvent deux vases) aboutissant à un portillon. On accédait semble t-il par ce portillon de bois au banc d'oeuvre, reposant sur quatre colonnes (on peut faire la comparaison avec la vue en plan7 faite par Pieter qui nous donne les dispositions antérieures à la restauration). L'inscription surmontant le porche d'entrée (Voici la porte du Seigneur par laquelle les justes entreront) a un côté un peu déplacé. Cette inscription, à l'origine, était destinée à marquer l'entrée dans la crypte. Cette porte, qui à présent se trouve dans le porche extérieur, était à l'origine placée pratiquement au milieu de l'église. Le porche n'avait d'ailleurs aucune porte extérieure; il n'en a été placé une que lors de la restauration8. Jusque là, on accédait à l'église par une porte percée dans le mur sud du choeur, proche d'un arc de triomphe, ou bien par l'entrée principale sous le clocher. L'escalier actuel à côté du banc d'oeuvre a été ajouté lors de la construction de la nouvelle entrée dans le mur nord. Enfin, les photos montrent que le choeur était surmonté d'une voute en lambris de bois contrastant avec celle de la nef, qui était en pierre (tout comme celle encore visible dans l'église de Nederlands Hervormde à Roden). Lors de la restauration, les entraits de bois ont été remplacés par des neufs et la nef a reçu une voute en bois. Pendant la restauration de 1911
3. L'extérieur en 1911 côté sud-est, lors de la restauration du clocher. Les ouvertures du clocher ont déjà été ré-ouvertes. Visible également l'entrée sud, dégagée et probablement utilisée pour les enterrements. La petite fenêtre surmontant cette entrée a été élargie lors de la restauration.
L'intérieur en 1911
4. L'intérieur en 1911 vu vers l'est. La grille des fonts baptismaux est encore présente. À droite et à gauche, entre les entraits, on distingue les lambris étroits de la voute du choeur. Notez également l'escalier proche du banc d'oeuvre (modifié lors de la restauration).
 
Vue latérale nord
5. Vue latérale nord, plan et coupe de l'église avant1911. Sur le plan figure le passage entre la partie sud du mur ouest et les deux contreforts étayant le mur nord. La porte donnant dans le choeur, dessinée sur la coupe, n'existait pas en 1911, même pas sous forme d'une porte murée. L'entrée nord de la nef était déjà maconnée avant 1911.
Notes à propos de l'article de Victor Timmer.
1 Archief Hervormde Gemeente Oldebert (ter plaatse): Contenu des actes fondamentaux des gardiens de l'église réforméeI, page 48 (mentionné dans un rapport de la fabrique au Conseil d'Administration de la province (en date du 23 août 1833).
2. Zie J. H. Laarman, Description des Pays-Bas(Amsterdam 1841) 297.
3. mentionné dans le Algemeen Nieuws- en Advertentieblad voor Westerkwartier en omstreken, 23 septembre 1911.
4. Idem, 9 décembre 1911. Le cercueil et son couvercle en grès rouge de Brème ont été découverts à proximité de la porte du choeur et les marguillers l'ont confié au Musée des Arts et Antiquités de Groningue (voir également: Rapport du Musée des Arts et Antiquités de la province et de la ville de Groningue pour l'année 1911, donation n°. 6)
Il serait bon que ce cercueil (actuellement au monastère de Ter Apel) soit re-placé dans l'église de Midwold après sa restauration
5. C. H. Peters, Oud-Groningen, Stad en Lande (Groningue 1921) 108.
6. Voir par exemple: Joachim Hess, Dispositien der Merkwaardigste Kerk-Orgelen Gouda 1774). À la page 40 il déclare que l'orgue de l'église de Midwolde est l'un des plus beaux de la province de Groningue. En page 56, est fournie la composition, à l'époque, de l'orgue dont il s'agit.
F. Talstra mentionne la restauration de lorgue de Midwolde (Wk.) d'après N.A.G. Lohman en 1864, dans son articlel: "Het Groninger orgelbezit van de reformatie tot de romantiek I," Publicatiemap Stichting Oude Groninger Kerken, III (1979) 17. ces donnée proviennent probablement de E.G.J. Gregoir, Historique de la facture et des facteurs d'orgues (Anvers 1865) 133. Étant donné que les registres paroissiaux ne mentionnent rien sur la réparation de l'orgue de Midwolde, ce message doit concerner celui de Midwolda.
7. Peters, Oud-Groningen, 106.
8. [Zoals] nous fournit les spécifiications et les conditions de la restauration de 1911-1913; merci à M. Postema, de Nietap, de nous en avoir procuré une copie.

Sources des illustrations
1: D'après J.H. Laarman, Beschrijving der Nederlanden.
2: D'après une carte postale; collection R. Hazenberg, Niekerk.
3: Archives municipales.
4: D'après une carte postale; collection de l'auteur.
5: D'après C.H. Peters, Oud-Groningen, Stad en Lande, 106.


HISTOIRE ET RESTAURATION DE L'ORGUE DE MIDWOLDE

d'après Jan van Biezen et Koos van de Linde

L'ORGUE ORIGINAL D'EEKMAN

À l'origine c'était un orgue de salon construit en 1630 par Eekman1. On trouve sa 'signature' à l'intérieur du sommier:

Levijn Eekman, blombergensis, Orgelmaecker zu Amsterdam, Anno 1630

On voit que que ce facteur d'orgue était originaire de Blomberg, non loin de Detmold, à moins qu'il ne s'agisse de Blomberg en Harlingerland, en Frise orientale, les deux cités se trouvant en Allemagne. Il s'était donc établi à Amsterdam avant 1630. En 1635 on lui avait confié la restauration de l'orgue de la Nieuwezijdskapel située dans cette ville. On peut encore admirer le buffet de cet instrument dans l'église catholique de Jutphaas. Eekman est décédé en 1638, alors qu'il venait d'obtenir l'importante commande2 d'un l'orgue destiné à l'église St Laurent le Grand, à Alkmaar.

D'importantes parties de l'orgue de salon original de Eekmans on été conservées à Midwolden. Le buffet actuel est en grande partie celui de l'orgue fait par Eekman à l'origine. Il s'apparente tellement aux armoires qui étaient utilisées chez elle par la grande bourgeoisie du début du 17è siècle que l'on peut se demander si ce type d'armoire n'aurait pas été ré-utilisé, plutôt que faire un buffet d'orgue neuf. On constate cependant que les deux panneaux de la partie inférieure ne correspondent pas à deux porte distinctes, mais constituent un seul élément. Dans l'angle inférieur droit, sous une marche d'escalier, on peut encore voir le trou d'arrivée de l'air qui existait dans l'installation originale.
Le sommier est également dû à Eekman. Il est à présent à l'intérieur du buffet mais, initialement, il se trouvait juste en dessous du clavier. Les extrémités des registres coulissaient dans des troux ménagés par Eekman dans les flans du buffet (fig. 19).
Sur chaque laye se trouvé écrit le nom de la note à laquelle elle correspond. On en trouve deux supplémentaires, avec les soupapes correspondantes, dans le sommier fait par Eekman. L'une d'elle porte l'inscription 'ster': l'orgue de salon devait donc comporter un Cymbelster. L'autre gravure correspondait probablement à un rossignol.

Un certain nombre de tuyaux faits par Eekman ont été conservés, en particulier une Holpijp 4', un Octaaf 2' et une Mixtuur. C'est aujourd'hui tout ce qui reste des tuyaux faits par lui. L'examen des trous du sommier montre que l'instrument devait aussi avoir une quatrième jeu, d'anches, probablement une Regaal 8'. La Holpijp 4' est une roerfluiten dont le tampon a été soudé sur le corps du tuyau. Ses dimensions sont exceptionnellement larges pour une roerfluit néerlandaise classique.

La composition de l'orgue de salon d'Eekman était la suivante:

Holpijp 4'
Octaaf 2'
Mixtuur 2-3 rangs
[Regaal 8']

Cimbelster
[Nachtegaal]

La mixture avait les reprises3 suivantes:

C       2/3' 1/2
a     1' 2/3' 1/2'
g'   1 1/3' 1' [2/3']  
dis'' 2 [1 1/3'] [1']    


Le buffet de l'orgue de Eekman
6. le buffet de l'orgue de Eekmans, après démontage.

Les sommiers à leur emplacement d'origine
7. Les sommiers à leur emplacement d'origine de l'orgue de Eekman: les registres étaient tirés en les faisant glisser latéralement.
L'étendue du clavier était Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La1 jusqu'au Do5. Les registres étaient partagées avec coupure entre le Do3 et le Do#3. L'accord était environ un demi ton plus bas qu'il n'est actuellement. L'instrument était probablement au tempérament mésotonique4.

LE TRAVAIL FAIT PAR DE MARE

Vers 1660 Andreas de Mare a déplacé l'orgue de salon d'Eekman vers l'église de la ville de Midwolde. Nous trouvons également  sa signature sur le sommier":

Andreas d'Mare Orgelmaker ende organist tot Bedum

Ce facteur d'orgues - qu'il ne faut pas confondre avec un homonyme célèbre -  est assez peu connu. Nous savons par des archives qu'il a, dans le seconde moitié du 17è siècle, travaillé sur différentes orgues de la province de Groningue5. C'est grâce à son travail à Midwolde et diverses inscriptions que nous connaissons  la façon dont il faisait ses tuyaux. Lors d'un inventaire récent de la tuyauterie de l'orgue de l'église de Aa en Groningue, ou siégait l'Académie à l'origine, on a pu établir que De Mare s'était également occupé de cet instrument.

De Mare s'est servi du buffet fait par Eekman comme base d'un buffet neuf. Ce buffet, avec ses volets peints, nous est parvenu tel qu'il était. De Mare a ré-utilisé le sommier de Eekman, sur lequel il restait encore de la place pour deux autres registres, et en a ajouté d'autres sur le modèle de l'original. Il a repris sans changement l'Octaaf 2' et la Mixtuur. La Holpijp 4' de Eekman a été resserrée et étendue pour en faire une Holpijp 8'. Il n'a pas repris de jeu d'anches. Il a donné à l'instrument un jeu nouveau , un Prestant 4' placé en façade et regroupé sur le sommier les tuyaux existants, y compris ceux de Hagerbeer. Il a en outre ajouté un Nasard 1 1/2' dans le grave et une Sesquialtera de 2 rangs dans le dessus, ainsi qu'une Quint 1 1/2' des deux côtés. Toute cette tuyauterie faite par lui nous est parvenue. Le Nasard 1 1/2' a des tuyaux coniques. Les dimensions des registres faits par De Mare sont classiques, à l'exception du complément pour la Holpijp 8': la section de ces tuyaux est même encore plus large que celle des tuyaux faits par Eekman.

Après le travail fait par De Mare, la composition de l'orgue était la suivante:

Prestant 4'
Nasard 1 1/2' basse
Sesquialter 2 2/3-1 3/5' deddud
Octaaf 2'
Mixtuur 2-3 rangs
Quint 1 1/2'
Holpijp 8'

Deux cymbelsterren

L'étendue du clavier était Do, Ré, Mi, Fa So, La1 jusqu'au Do5. Les registres étaient partagées avec coupure entre le Do3 et le Do#3. . L'accord était environ un demi ton plus haut qu'il n'est actuellement. L'instrument était probablement au tempérament mésotonique.

DÉCLIN ET RESTAURATION DE L'ORGUE

La dernière restauration de l'orgue est une remise en l'état dans lequel De Mare l'avait laissé. Les auteurs de cet article vont s'efforcer de donner au lecteur une idée du chaos dans lequel se trouvaient les tuyaux d'origine de De Mare (mais également ceux de Eekman) lors de cette restauration.
Le Prestant 4' en façade était pratiquement resté intact sur son sommier. La majeure partie des tuyaux du Nasard 1 1/2' avait été ré-utilisée pour compléter le bas de la Woudfluit 2': les tuyaux coniques ayant été maladroitement modifiés par un ajout cylindrique en tête. Dix-huit autres avaient été ré-employés pour un troisième rang du dessus de la Sesquialter et transformés en Quint 3' il a fallu les réintégrer à leur place d'origine et on a maladroitement doublé la longueur des plus petits tuyaux. Presque tous les tuyaux du dessus et quelques uns de la basse de l'Octaaf 2' avaient été repris dans la Fluit 4' après avoir été munis d'un tampon. À partir du Do3 de cette Fluit 4' on trouvait des tuyaux ouverts provenant de l'aigu d'une Quintfluit 3' d'un autre orgue. Le reste des tuyaux provenait d'une Mixtuur utilisant le dessus d'une Quintfluit 3'; on les avait bouchés en tête. Presque toutes les basse de la Quint 1 1/2' étaient des emprunts de la basse d'un jeu de flûte 3' dont les plus gros avaient été bouchés de façon à doubler maladroitement l'étendue des tuyaux plus petits. La basse de la Hlopijp 8' était pratiquement intacte et l'aigu refait à partir de tuyaux de Quintfluit 3' en provenance d'un autre orgue. Là où il y avait à l'origine la basse de la Mixtuur ont avait utilisé la place pour la basse d'une Quint 1 1/2'; les tuyaux de ce jeu ont été manifestement récupérés sur un jeu de mixture d'une autre provenance qui avaient été mis au rebut etc. Des tuyaux de l'Octaaf 2' étaient également à l'emplacement primitif du dessus de la Quint 1 1/2'.

Il y a lieu de supposer, à l'examen de toutes ces modifications invraisemblables, que la composition de l'orgue de De Mare a été bouleversée par un incompétent, dans la première moitié du XIXè siècle. La dernière restauration due à Albert de Graaf, de Leusden, a été faite après dépose de la totalité des tuyaux de De Mare et la récupération des tuyaux manquant, avec restauration de ceux qui avaient disparu en respectant la facture et les proportions des éléments originaux.
La mécanique des registres a été refaite en 1912 par la société van Oeckelen; de chaque côté de la console il avait ajouté des tirettes de jeux qui défiguraient l'aspect de l'instrument. Avant van Oecklen, les jeux étaient tirés par des leviers verticaux placés de part et d'autre du buffet. Il est probable que ces dispositifs n'étaient pas de De Mare car sa console a été détruite. La restauration - faute de preuves écrites - a recherché une solution qui soit à la fois esthétique et fonctionnelle.
Tout ce qui existait des porte-vent a été conservé en l'état pour la bonne raison que nous ne savons rien de l'anciens soufflets, mais il est peu probable que la restauration soit une vue de l'esprit et qu'une reconstitution de la disposition d'origine apporterait grand chose de plus.
Toutefois, à l'occasion de la restauration, l'ancien clavier a été remplacé par un clavier convenant mieux à l'époque de de Mare.

Bien entendu, la décision de revenir à l'état de l'instrument fait par De Mare n'a été prise qu'apès de longues discussions. Il était clair dès le départ qu'on ne procéderait pas à une reconstitution de l'orgue de Eekman. Une telle entreprise nous aurait définitvement privé de l'orgue achevé par De Mare. En outre, il est rare qu'on fasse des emprunts de tuyaux à un autre orgue.
Mais la question était de savoir si on allait supprimer les tuyaux mis en place ultérieurement. Car en plus d'ajouts inutiles d'éléments datant d'une période où la facture d'orgue était en pein déclin, il y avait tout de même des tuyaux des dix-huitième et vingtième siècles ayant une réelle valeur historique. On a finalement renoncé à utiliser ces élements pour les raisons suivantes:
- Il ne s'agit pas de tuyaux faits spécifiquement pour Midwolde mais de tuyaux manifestement récupérés sur d'autres instruments et mis au rebut. Il ont été probablement placés dans l'orgue de Midwolde en 1912 par la société Van Oeckelen.
- Cette tuyauterie se mariait mal avec celles de Eekman et De Mare et nous aurait privé de la conception que De Mare avait de l'instrument. Les tuyaux du Prestant avaient des origines diverses et ceux de la Quintfluit 3' étaient probablement de Lohman. En ré-utilisant les tuyaux du Prestant, on n'aurait pas abouti à un ensemble cohérent. Quant à ceux de la Quintfluit 3', ils n'étaient absolument pas dans le caractère de la Holpijp 8' faite par Eekman et De Mare.
Si on restaurait la disposition de De Mare, cette Quintfluit 3' ne se mariait avec aucun des autres jeux. Il subsistait heureusement assez des tuyaux faits par Eekman et De Mare pour pouvoir espérer faire une reconstitution assez proche de l'original.

Le tri de la tuyauterie
8. La tuyauterie en cours de tri dans l'atelier du facteur d'orgue.

Le sommier restauré
9. Le sommier restauré

Les nouveaux registres
10. Les nouveaux registres avec leur mécanisme de traction.

Le clavier après restauration
11. Le clavier après restauration.

Tuyauterie et soufflet
12. Le côté droit des tuyaux et la soufflerie.








Cet article est paru sous une forme abrégée et sous le titre 'Het Eekman/De Mare-orgel in de kerk te Midwolde' in Monumenten, VII (1986) 13-15.

Notes sur l'article de Jan van Biezen et Koos van de Linde
1 Il nous manque des documents d'archive. Ce que nous savons de l'histoire de l'orgue de Midwolde repose en grande partie sur l'examen de l'instrument. Les auteurs de cet article se sont livrés à un examen très approfondi de l'orgue. Des documents d'archives datant de 1786 y ont été inclus par Victor Timmer, 'Enige historische notities over kerk en orgel te Midwolde', Groninger Kerken, I (1984) 53-59. (partiellement reproduits ci-dessus)
2 Voir à propos de Eekman: Walter Kaufmann, Die Orgeln Ostfrieslands (Aurich, 1968) 37; C.C. Vlam et M.A. Vente (eds.), Bouwstenen voor een geschiedenis der toonkunst in de Nederlanden (Utrecht, 1965) 30-31.
3 d'après les inscriptions laissées par Eekman sur les sommiers encore en place (qui concernent les touches jouées), comparées avec celles des tuyaux de mixtures (qui concernent les notes entendues) tenant comppte du fait que la composition de ce registre est généralement fixe.
4 Ce n'est seulement qu'en 1786 que D. Lohman a du ré-harmoniser l'orgue de Leek et probablement celui de Midwolde, comme en témoigne cette note "na die nuwe art (...) uit alle thonen well kan gespeelet werden." (en français: "après cette nouvelle harmonisation… il est possible de jouer dans toutes les tonalités"). Archives de la résidence Nienoord, annexe concernant les comptes de l'église 1779 - 1820.
5 Voir à propos de De Mare: Kaufmann, Orgeln Ostfrieslands, 35-36; Frans Talstra, Langs Nederlandse orgels Groningen Friesland Drenthe (Baarn, 1972) 22.
À propos des auteur
Victor Timmer est enseignant au 'De Waezenberg' de Leek. Il est également membre de la commission pour les orgues du Stichting Oude Groninger Kerken et participe à la rédaction de la revue De Mixtuur.
Dr. J. van Biezen est maître de conférences en musicologie associé aux Universités de Leiden et d'Utrecht. Ses recherche universitaires portent, en particulier, sur les orgues des Pays-Bas jusqu'à environ 1650. Il a été conseiller pour plusieurs restaurations d'orgues aux Pays-Bas. Il est orgnaniste et chef de choeur à l 'Église réformée de Wassenaar. De 1956 à 1973 il a travaillé à une sélection de cantiques.
J. van de Linde est organiste à l'église Saint-Pierre d'Utrecht. Il a également travaillé comme consultant dans la restauration et la construction de nouveaux orgues aux Pays-Bas et en Belgique. Il enseigne la littérature et l'orgue au Conservatoire d'Anvers. Il est impliqué dans une collaboration entre musicologues et historiens de l'art, qui vise à fournir un aperçu complet des orgues baroques néerlandais des 16ème et 17ème siècles. En tant qu'organiste, il s'intéresse notamment à la musique de la Renaissance et à la musique baroque.
  Cette page a été traduite par Gérard Lefranc ®.
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